Rétro : retour sur la Brabham BT46, cette monoplace de 1978

Brabham BT46
Rétro : retour sur la Brabham BT46, cette monoplace de 1978

Une victoire unique en son genre, rendue épique par son ventilateur aspirateur : voilà qui résume la trace laissée par la BT46 de Brabham dans l’histoire du sport automobile.

Présentation de la Brabham BT46, une monoplace de 1978

Conçue par l’ingénieur de Brabham, Gordon Murray, la BT45 est une voiture pesant 625 kg. Elle est considérée comme lourde à l’époque selon le règlement de la Formule 1.

Sa taille imposante était nécessaire pour le moteur de 12 cylindres à plat et le réservoir d’essence lui permettant de courir la distance entière d’un Grand Prix. Après le processus de développement, la Brabham a finalement pu courir, sans pour autant gagner de course.

Gordon Murray a poursuivi le développement de son moteur pour aboutir à la BT46, qui compense d’une part le poids du châssis et d’autre part la consommation du moteur, afin d’améliorer la sécurité.

Célèbre pour son effet « aspirateur », le moteur développé par Gordon Murray est équipé d’un ventilateur récupéré sur le système de refroidissement d’un char d’assaut. 55 % de l’air collecté passe par le ventilateur avant de passer par le radiateur d’eau. Le reste sert à l’effet de succion, comme l’explique Murray. D’un point de vue technique, l’énorme ventilateur aide le moteur à refroidir plus vite, sans influencer le rendement de la voiture de course Brabham.

Conception de la Brabham BT46

La Brabham BT46 embarque 12 cylindres disposés à plat Alfa Romeo, avec une cylindrée de 2995 cm3. Ce moteur se compose de :

  • Une injection directe.
  • Un bloc-moteur en magnésium.
  • Un allumage électronique.
  • Un carter en aluminium.
  • Une culasse en aluminium ou en magnésium.
  • Une boîte de vitesses à 6 rapports dans une version améliorée de la BT45.

En termes de puissance, le moteur devance celui de la Ford-Cosworth DFV de 50 chevaux, soit 520 chevaux pour une rotation de 12 000 tours par minute.

Concernant le châssis de la BT46, on reconnaît l’empreinte de Gordon à travers les sections transversales trapézoïdales de la monocoque en aluminium.

Dans les années 1970, Murray installe une suspension pneumatique pour élever la voiture au moment du remplacement des pneus.

La BT46 est équipée de freins en carbone, inspirés de la technologie aéronautique, démocratisée par la suite dans le monde de la Formule 1.

En remplaçant les radiateurs d’huile et d’eau par un échangeur thermique, Murray compense le gain de poids de la Formule 1 conçue par ses soins.

Cependant, l’échangeur thermique n’apporte rien de plus, à part sa capacité à refroidir le moteur. Voilà pourquoi l’échangeur est démonté ultérieurement pour être substitué par des radiateurs classiques dont était initialement équipée la BT45. Ces modifications ont donné naissance à la BT46A.

Les pilotes et les polémiques autour de la Brabham BT46

L’écurie Brabham ne voulait rien ébruiter quant à la véritable puissance de ses moteurs BT46B. Au Grand Prix de Suède en 1978, Mario Andretti conduisait la Lotus 79 et avait déjà pris quelques dixièmes de secondes par rapport à Lauda et Watson.

Au 39e passage, l’explosion du moteur de la Renault conduite par Jean-Pierre Jabouille fait déraper Andretti sur une flaque d’huile, qui part alors à l’extérieur de la piste. La Brabham de Lauda est parvenue à ne pas glisser, et il a saisi l’occasion pour doubler Jabouille et s’emparer de la tête du peloton.

Les directeurs des autres équipes, dont Colin Chapman chez Lotus, ont alors exigé que la Brabham soit disqualifiée. Motif : la BT46B éjecte des débris jugés dangereux pour les pilotes roulant derrière elle. En vérité, ils craignaient que la Brabham soit légalisée, ce qui les obligerait à également développer des moteurs aspirateurs. Finalement, la BT46B a dû se retirer des feux des projecteurs. Bien que le moteur quitte la scène après cette course, la victoire de Lauda est confirmée et s’est inscrite dans les annales de la F1.

Plus tard, les amoureux du petit écran découvrent Niki Lauda tenant un rôle dans un film de course de voiture. C’est également le cas de Nelson Piquet, un autre pilote de Formule 1 célèbre.

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